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Diversité culturelle & collaboration

« Comment travailler au sein d’équipes et d’environnements culturels divers »

24 janvier 2020

Le sujet de la diversité en entreprise est aussi large que crucial. Il comprend généralement deux grandes familles : les différences liées aux « attributs de surface » (apparence physique, âge, sexe) et celles liées aux « attributs plus profonds » (valeurs, croyances, culture). Nous avons choisi de voir sous quelles conditions les freins à la collaboration engendrés parfois par la diversité culturelle pourraient être contournés, sous quelles conditions les entreprises pourraient tirer pleinement profit de sa richesse.

 

Chez SIS UP, nous sommes persuadés et témoins de l’apport que représente l’immersion dans des associations pour nourrir la réflexion sur l’entreprise et ses pratiques. Le monde associatif, au contact de personnes dans des situations complexes, déploie une grande créativité et innove sans cesse. Aussi, pour nourrir la réflexion sur cette question, nous avons confronté différentes expériences : celles vécues en entreprise par des dirigeants, celles vécue sur le terrain par les responsables de l’association Le Rocher.

Retour sur ces échanges animés par SIS UP. 

  • Diversité culturelle & collaboration – Une équation difficile

Comme le soulignait déjà Paul Valéry, la diversité culturelle pose une difficulté de compréhension et d’acceptation de la différence. Un dirigeant reconnait que « c’est un défi constant de sortir de sa zone de confort. Il est difficile d’aller vers l’autre, car nos préjugés et notre intuition font souvent place à de nombreux a priori. »

« Les nations sont étranges les unes aux autres, comme le sont des êtres de caractères, d’âges, de croyances, de mœurs et de besoins différents.  Elles se regardent entre elles curieusement et anxieusement ; sourient ; font la moue ; admirent un détail et l’imitent ; méprisent l’ensemble ; sont mordues de jalousie ou dilatées par le dédain. »

Paul Valéry, Regard sur le monde actuel

  • La responsabilité de l’entreprise et du manager – Créer les conditions à la collaboratioN
     

Pour favoriser la collaboration dans la diversité, l’entreprise doit en premier lieu travailler à créer une culture commune. Cela passe par différentes actions. Les dirigeants en présence s’accordaient sur le caractère essentiel de commencer par co-construire avec l’ensemble de ses parties prenantes un récit partagé autour de valeurs et d’une mission aux responsabilités sociales et environnementales élargies (raison d’être, mission sociale). Celles-ci pourront ensuite se décliner au niveau stratégique pour fixer des objectifs clairs et lisibles par tous.

« Les activités autour de centres d’intérêt communs favorisent la rencontre voire les amitiés entre personnes très différentes. » Témoignage de dirigeant

En un second temps, l’entreprise veillera à rassembler autour de centres d’intérêt communs. Cela peut prendre par exemple la forme de chorale d’entreprise, de cours de sport collectifs ou d’espaces de détente et de jeux. La rencontre entre collaborateurs est facilitée lorsqu’elle se vit lors d’expériences authentiques et « hors cadre », telles que celles proposées au sein d’associations qui sont au contact direct avec les publics fragilisés. Ces immersions sont de formidables occasions de créer un lien véritable pour se parler en toute bienveillance et sincérité.

Dans cette démarche, le manager a un rôle particulier : celui de créer les conditions et d’instaurer les critères nécessaires à une collaboration fructueuse (écoute, respect, ouverture, etc.). Le fonctionnement général de l’organisation dépend en grande partie de la vision et du comportement de son top management. « Ce que l’on fait est imité et se diffuse. » exprime un dirigeant. Ainsi, dans cette volonté d’améliorer la collaboration, il semble indispensable d’accompagner le manager dans la prise de conscience de ses rôles et responsabilités : son attitude personnelle sera imitée de proche en proche au sein de l’organisation.  

  • La responsabilité de l’individu – Prendre le temps et rencontrer l’autre

 

Un dirigeant présent précise : « Nous avons besoin de temps pour rencontrer l’autre. Cela ne se décrète pas. La confiance se construit dans la régularité. » Dépasser la contrainte liée aux différences de cultures et de langage exige de prendre du temps pour s’apprivoiser. Comme le souligne Saint-Exupéry dans Le Petit Prince, « c’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante ». La confiance et la relation se construisent dans le temps ; or, dans le monde professionnel, l’efficacité, la performance rapide, semblent être la norme.

 

« Chacun de nous fait partie d’une culture, d’une religion et d’une vision du monde. Ne faut-il pas découvrir également que nous faisons partie d’une humanité commune ? Nous sommes tous des êtres humains. » Jean Vanier, Grandir dans la rencontre

Une rencontre véritable exige aussi de dépasser nos peurs, de la différence, de l’inconnu, de l’incompréhension, pour découvrir l’autre. Cela nécessite de faire taire nos préjugés, de laisser tomber le masque et d’accepter de rencontrer l’autre sans chercher à tout prix ce qu’il y a de commun entre nous. Cela implique aussi d’accepter de reconnaitre que l’on ne comprend parfois pas tout, que l’on découvre : « Nous n’aimons pas dire que l’on ne connaît pas quelque chose. La plupart de nos peurs viennent de notre ignorance. Or nous sommes constamment confrontés à l’inconnu, c’est ce qui fait la richesse de nos journées ! » reprend une dirigeante.

Selon Jean Vanier, fondateur des communautés de L’Arche, il est important d'apprendre à accueillir l’autre sans chercher à le transformer. Dans son dernier ouvrage Un cri se fait entendre, il relate les dernières paroles d’un jeune en train de mourir d’overdose à une femme qui l’accompagnait : « Tu as toujours voulu me changer, tu n’as jamais voulu me rencontrer ».

  • La rencontre - Commencer par l'ouverture en soi

 

« La rencontre possible et inévitable de l’homme avec lui-même, après la fin des imaginations et des illusions, ne pourra s’accomplir que dans la rencontre de l’individu avec son prochain – et elle devra s’accomplir sous cette forme. » Martin Buber, Le problème de l’Homme 

La rencontre avec l’altérité nous permet de mieux nous connaitre ; elle exige toutefois que nous soyons prêts à nous exposer et à accepter l’autre tel qu’il est. Pour Jean-Marie Twambazemungu, responsable de l’antenne parisienne du Rocher, il est urgent de replacer l’entreprise au service de l’humanité, et non l’inverse, en ayant à l’esprit que l’humanité s’incarne d’abord dans mon collaborateur. Pour cela, l’ouverture commence d’abord en soi. « Commencer par soi, mais non finir par soi. » (Martin Buber).